jeudi 13 décembre 2018

Bactéries "anti-diabétiques"

Certaines bactéries intestinales pourraient avoir des propriétés “anti-diabétiques” et ainsi, aider à traiter les patients atteints de diabète de type 2, selon une équipe de chercheurs, qui a reçu mercredi un prix pour financer son projet de recherche.

Les chercheurs, qui ont déjà identifié 24 souches de bactéries, veulent maintenant les isoler et les cultiver de façon industrielle, puis tester leur efficacité chez la mouche drosophile et la souris, avant un essai clinique chez l’homme en 2020, a expliqué le Dr Hubert Vidal, directeur de recherche à l’Inserm, au cours d’une conférence de presse organisée par la Fondation francophone pour la recherche sur le diabète (FFRD). “On ne va pas soigner le diabète juste avec des probiotiques“, avertit toutefois le chercheur. Il s’agit plutôt d’utiliser ces bactéries “en synergie avec d’autres molécules“.
Parmi les pistes envisagées, les bactéries ayant prouvé leur efficacité pourraient permettre de prescrire aux malades une dose plus faible de metformine. Cet antidiabétique oral est le plus prescrit aux patients diabétiques de type 2 (sous les noms commerciaux Glucophage, Stagid et leurs génériques), mais il provoque souvent des troubles digestifs.

Encore loin de pouvoir tirer des traitements

Le diabète est un trouble d’assimilation des sucres par l’organisme. Le diabète de type 2, qui représente 90% des cas et qui progresse le plus, correspond à une hausse prolongée du taux de sucre dans le sang, souvent liée à l’obésité et à la sédentarité. On sait depuis plusieurs années que le déséquilibre du microbiote intestinal joue un rôle dans le diabète, mais on est encore loin de pouvoir en tirer des traitements, car “il existe un verrou important dans l’identification et la sélection de souches bactériennes ayant une réelle efficacité“, par exemple pour améliorer la dégradation du glucose ou la sensibilité à l’insuline, explique ce spécialiste du diabète et de la nutrition. Autre difficulté: faire en sorte que les bactéries identifiées conservent leurs propriétés et ne “dérivent” par lorsqu’on les cultive puis qu’on les prépare pour les utiliser en thérapie. Enfin, “ce n’est pas parce qu’on rajoute une souche bactérienne dans notre microbiote qu’on va juste avoir l’effet bénéfique de cette souche”, a souligné le Dr Vidal. “Il va y avoir tout un rééquilibrage de l’écosystème (…) avec des interactions qui peuvent être positives ou négatives“.
Le monde comptait plus de 425 millions de diabétiques en 2017, et leur nombre pourrait passer à 629 millions en 2045, selon la Fédération internationale du diabète

mardi 17 juillet 2018

La spiruline est-elle vraiment bonne pour la santé ?

Ce complément alimentaire connaît un succès grandissant, en particulier chez les personnes végétariennes ou véganes.

Initialement perçue comme un moyen de lutte contre la malnutrition, la spiruline est un complément alimentaire qui connaît un succès grandissant, en particulier chez les personnes végétariennes ou véganes (ne consommant aucun produit alimentaire d’origine animale). Et pour cause, la liste des vertus santé qui lui sont attribuées ne cesse de s’allonger: elle comblerait les carences alimentaires, renforcerait le système immunitaire, diminuerait le taux de cholestérol, combattrait la fatigue et serait un antioxydant naturel doublé d’un détoxifiant... Cette star des parapharmacies est-elle vraiment le complément alimentaire «miracle» qu’elle prétend être?

La spiruline est riche en protéines

Présentée sous forme de comprimés, de pâte ou de paillettes, la spiruline présente des atouts nutritionnels certains. Cet organisme comestible et facilement digestible, mi-algue mi-bactérie, est naturellement présent dans les lacs d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie du Sud. Désormais, la spiruline est cultivée de façon industrielle partout dans le monde. Rien qu’en France, 30 tonnes sont produites chaque année, selon la Fédération des Spiruliniers de France.


La force principale de la spiruline est sa teneur élevée en protéines - de l’ordre de 60 à 70% -, soit plus que celle du poisson (25%), du soja (35%) ou des céréales (14%). Cette richesse doit toutefois être mise en regard avec les faibles quantités consommées chaque jour.

À la quantité s’ajoute la qualité. En effet, la spiruline contient la quasi-totalité des acides aminés (il en existe 20), dont une bonne part d’acides aminés indispensables que le corps ne sait pas fabriquer. Un détail qui a son importance, puisqu’aucune de ces 20 «briques chimiques» servant à la construction des protéines ne doit manquer pour que nos cellules fonctionnent correctement. Toutefois, certains acides aminés indispensables aux enfants (tryptophane, lysine et l’histidine) sont peu abondants dans la spiruline.

Une bonne source de vitamines...
La spiruline contient également une large gamme de vitamines, dont la teneur peut varier en fonction des procédés de séchage. En effet, les vitamines sont sensibles à la chaleur. La vitamine la plus abondante est la provitamine A, une molécule qui peut être convertie en vitamine A. Il est estimé qu’il faudrait prendre entre 3 et 6 grammes de Spiruline pour couvrir les besoins journaliers en vitamine A recommandés chez l’adulte, évalués à 900 microgrammes.

Outre la provitamine A, la spiruline est riche en vitamine E. Celle-ci a des propriétés antioxydantes qui aident à lutter contre le vieillissement prématuré des cellules.

...Mais pas de vitamine B12
Dans une moindre mesure, la spiruline contient des vitamines B, dont la vitamine B12. Celle-ci intéresse particulièrement les personnes véganes puisque la B12 se trouve exclusivement dans les aliments exclus de leur régime: la viande, le poisson et les œufs. Malheureusement, plusieurs études ont montré qu’une grande partie de la vitamine B12 retrouvée dans la spiruline ne peut pas être assimilée par le corps humain. C’est pour cela qu’en 2016, l’académie américaine de nutrition et de diététique a établi que la spiruline ne constitue pas une source fiable de vitamine B12 pour les populations végétarienne et végétalienne. Un fait également confirmé par l’Agence française de sécurité des aliments (Anses).

Des teneurs en minéraux correctes
Calcium,potassium, phosphore, magnésium, fer, zinc, cuivre...La spiruline contient un bon nombre de minéraux, dont les teneurs peuvent être enrichies lors de la culture. En ce qui concerne le fer, il est estimé qu’une dose de 10 grammes de spiruline couvrirait de 64% à 200% des besoins d’un enfant âgé entre 6 mois et 3 ans. Par comparaison, une dose de 38 grammes de céréales complets suffit à couvrir les besoins en fer d’un enfant. La spiruline contient également des quantités intéressantes de magnésium et de potassium. Par contre, elle ne représente pas, une très bonne source de zinc, de sélénium et d’iode à l’état naturel. Des enrichissements dans le milieu de culture peuvent toutefois enrichir la spiruline en zinc et en sélénium.

La consommation de spiruline n’a toutefois d’intérêt que si elle accompagne un régime alimentaire équilibré. Par ailleurs, on ne sait pas précisément dans quelle mesure les nutriments qu’elle contient sont correctement absorbés par l’organisme.

Des allégations de santé incertaines
Bon nombre des vertus santé qui sont attribuées à la spiruline n’ont, pour l’heure, pas de fondement scientifique. Il n’y a pas suffisamment de preuves permettant de dire que la spiruline aide à la digestion ou à perdre du poids, ni qu’elle permet de diminuer l’anxiété et le stress. Quelques rares études ont montré un effet bénéfique de cette micro-algue sur la diminution du taux de cholestérol ou ont révélé qu’elle avait effectivement des propriétés antioxydantes, mais elles ont été menées sur un petit nombre de personnes, parfois sans groupe «contrôle». À noter que la spiruline n’est pas considérée comme un médicament, mais comme un complément alimentaire.

Mise en garde
Suite à plusieurs cas d’effets indésirables, l’Agence française de sécurité des aliments (Anses) a mis en garde les consommateurs de spiruline en novembre 2017. L’Agence a souligné que ces produits peuvent être contaminés par des cyanotoxines, des bactéries ou des traces de plomb, de mercure et d’arsenic. En revanche, l’Anses a estimé qu’en l’absence de contamination, la spiruline consommée à faibles doses (jusqu’à plusieurs grammes par jour chez l’adulte) ne présente pas de risque particulier. Il est recommandé aux consommateurs d’acheter de la spiruline issue de circuits conformes à la réglementation, contrôlés par les pouvoirs publics.

lundi 16 avril 2018

Un traitement révolutionnaire pour les patients atteints de diabète de type 2 testé à l'hôpital Erasme: il permet de retarder l'injection d'insuline

Un traitement révolutionnaire pour les patients atteints de diabète de type 2 testé à l'hôpital Erasme: il permet de retarder l'injection d'insuline
   
Un traitement révolutionnaire pour les patients atteints de diabète de type 2 testé à l'hôpital Erasme: il permet de retarder l'injection d'insuline

Un réel espoir pour les plus de 500.000 Belges qui souffrent d'un diabète de type 2. Un traitement qualifié de révolutionnaire est mis au point à l'hôpital Erasme. Il permet au corps de réguler lui-même le taux de glycémie dans le sang.

L'hôpital Erasme à Anderlecht teste le nouveau traitement REVITA-2 pour les personnes atteintes d'un diabète de type 2, dans le cadre d'une étude clinique internationale. Les médecins pratiquent une endoscopie et ciblent le début de l’intestin, appelé duodénum. L’objectif est littéralement de détruire la muqueuse de cet organe.


Resurfaçage par injection d’eau chaude pour décoller la muqueuse :

Chez les patients diabétiques, cette membrane est plus épaisse. Souvent à cause d’une mauvaise alimentation, des anomalies se sont créées et empêchent cette partie de l’intestin de jouer son rôle dans la régulation du taux de sucre dans le sang. La solution imaginée par les scientifiques, c’est le resurfaçage : injecter de l’eau chaude pour décoller la muqueuse, la détruire et repartir presque de zéro. "Comme toutes les muqueuses du tube digestif, endéans deux semaines elle va se renouveler. Mais elle se renouvelle avec une former de 'reset' où l’on pense que les anomalies qui se sont accumulées au cours des années précédentes ne se trouvent plus", détaille Jacques Devière, chef du service de gastro-entérologie de l’hôpital Erasme.


Des premiers essais très prometteurs

À l’hôpital Erasme, les premiers essais cliniques ont été réalisés en 2015. Les résultats, confirmés par plusieurs hôpitaux dans le monde, montrent qu’une séance suffit pour obtenir des résultats durables. Dans des études antérieures utilisant cette procédure chez 150 patients atteints de diabète de type 2, une glycémie ajustée a été observée pendant un an. La technique retarde donc le moment où le patient doit s’injecter de l’insuline. Les chercheurs recrutent actuellement des patients atteints de diabète de type 2 pour démarrer une deuxième phase de l’essai clinique.

La procédure est également prometteuse pour les patients atteints de Nash (Stéatohépatite non-alcoolique).

samedi 17 mars 2018

consommation d'aliments gras et sucrés affectait notre système immunitaire et nos gènes et causerait augmentation maladies cardio-vasculaires et du diabète de type 2.

Des chercheurs de l'Université de Bonn, en Allemagne, ont découvert que la consommation d'aliments gras et sucrés affectait notre système immunitaire et nos gènes, et serait la cause de l'augmentation des maladies cardio-vasculaires et du diabète de type 2.

Trop salée, trop sucrée, riche en graisses saturées et pauvre en fibres: on savait déjà que la nourriture vendue dans les fast-food possède très peu d'intérêt d'un point de vue nutritionnel. Mais aujourd'hui, les chercheurs s'intéressent également aux conséquences d'une telle alimentation sur nos gènes.

Après avoir nourri des souris avec des aliments similaires à ceux vendus dans les fast-food, des scientifiques de l'Université de Bonn ont découvert que le "régime occidental moderne" modifie l'expression de certains gènes, qui identifient cet apport en gras et en sucre comme une infection.

 "Le régime alimentaire malsain a conduit à une augmentation inattendue du nombre de certaines cellules immunitaires dans le sang des souris, en particulier les granulocytes et les monocytes", explique Anette Christ dans un communiqué de l'Université.

Et puisque le système immunitaire inné possède une certaine forme de mémoire, il crée ensuite des capteurs spécifiques chargés de reconnaître la nourriture issue des fast-food, et d'y réagir en conséquence.


Modifications irréversibles?

Ces réponses inflammatoires fortes seraient la cause de l'augmentation des maladies cardio-vasculaires et du diabète de type 2 au sein de la population.

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De plus, après avoir redonné une alimentation normale et équilibrée aux souris, les chercheurs ont constaté que les gènes modifiés "étaient toujours actifs quatre semaines après l'expérience". La preuve donc des conséquences à long terme d'un tel régime alimentaire sur notre corps.



vendredi 2 mars 2018

Alimentation riche en graisse pour combattre l'épidémie de diabète et d’obésité?

L’alimentation faible en glucides et cétogène suscite autant l’engouement que la controverse. Au-delà des opinions polarisées, des patients qui l’ont essayée disent avoir vaincu divers maux, dont le diabète de type 2. Du côté de la science, des études, oui, mais aucune n’a fait bouger les lignes directrices en nutrition ou contre le diabète, qui sont de limiter les gras et de privilégier les glucides complexes, comme les grains entiers et les légumineuses. Le Devoir a tenté d’y voir plus clair.
« Ça fait 40 ans qu’on vous dit de ne pas manger de gras. Moi, je vous dis, mangez du bacon, mettez de la crème dans votre café, buvez de l’huile d’olive au goulot si vous le souhaitez ! » Dans la salle, des mines perplexes. À l’avant, l’omnipraticienne Évelyne Bourdua-Roy ne blague pas. Elle recommande même de saler davantage !
Nous sommes en février 2017, à Sorel. 

Des patients convaincus

La mi-cinquantaine, Jacques LeBlanc traînait un diabète de type 2 depuis dix ans. Près d’un an après avoir adopté l’alimentation cétogène, c’est avec une grande fierté que ce patient de la Dre Bourdua-Roy s’apprête à recevoir l’autorisation de cesser sa médication contre l’hypertension. La seule qu’il lui reste !
Sa perte de poids, 40 livres, est pour lui un effet collatéral. « Mon but, c’était vraiment de ne pas prendre d’insuline », dit-il. Ce qui lui manque ? « Les pommes. Des fois, je me gâte et j’en mange une. » Il rit.


Tous les médecins de famille à qui Le Devoir a parlé et qui recommandent l’alimentation cétogène ou faible en glucides l’ont d’abord adoptée pour eux-mêmes. Elles sont environ 2500 femmes médecins canadiennes curieuses de l’approche à faire partie d’un groupe Facebook privé. On rapporte aussi des tensions avec les détracteurs, notamment des nutritionnistes. C’est que le tout entre en totale contradiction avec ce qui est enseigné à l’université.
La Dre Hala Lahlou croit avoir été une des premières médecins québécoises à en faire la promotion, il y a environ un an et demi.


Quels risques ?

Les médecins rapportent quelques crises de foie chez les patients. Certains ont vu leur cholestérol sanguin augmenter. 

AVERTISSEMENT

Toute personne qui présente des problèmes de santé ou qui prend des médicaments doit être suivie par un médecin de manière régulière si elle désire entreprendre une alimentation cétogène ou faible en glucides.
La principale controverse autour de l’alimentation faible en glucides reste sa promotion fréquente du bacon, de la crème et du beurre, riches en gras saturés, qu’on accuse de favoriser les maladies cardiaques.
Le Dr Martin Juneau exprime des réserves pour cette raison. Le cardiologue privilégie d’autres approches en première intervention, soit les régimes méditerranéen ou végétalien. Mais il lui arrive de conseiller l’alimentation faible en glucides. Il n’hésite pas à affirmer que le diabète de type 2 n’est pas une fatalité, mais une maladie qui se guérit grâce aux habitudes de vie.


CÉTOGÈNE ET DIÈTE FAIBLE EN GLUCIDES, DÉFINITIONS

L’alimentation faible en glucides comporte un apport modéré de protéines, soit environ 20 % des calories quotidiennes. 

Les personnes suivant ce régime se permettent quelques apports en glucides. 

UNE APPROCHE HISTORIQUE

Éviter les glucides, notamment quand on est diabétique, n’est pas un concept nouveau. Il y a cent ans, le livre Diabetic Cookery : Recipes and Menus proposait exactement cela. 

nouvelle étude confirme bienfaits d'un régime alimentaire riche en fibres et végétaux pour prévenir les risques de diabète et de pré-diabète

Une nouvelle étude américaine publiée cette semaine confirme les bienfaits d'un régime alimentaire riche en fibres et végétaux, essentiellement des fruits et des légumes, pour prévenir les risques de diabète et de pré-diabète. La mesure de la fonction des cellules bêta du pancréas qui produisent et libèrent l'insuline peut aider à évaluer le risque futur de diabète de type 2 chez des adultes en surpoids, mais sans antécédents médicaux. Les participants, dont l'IMC se situait entre 28 et 40 kg/m2, ont suivis pendant 16 semaines ce type de régime sans limites caloriques et sans modifier leur niveau d'activité physique habituel ou prise de médicaments. Un supplément de vitamine B12 leur a été donné pour compenser l'absence de protéines animales. 

La consommation d'alcool a été limitée à un verre par jour pour les femmes et deux pour les hommes, précise l'étude. Comparativement au groupe témoin, ceux qui ont suivi le régime végan ont vu augmenter la sécrétion d'insuline stimulée par les repas et la sensibilité au glucose des cellules bêta. Les participants ont vu par ailleurs leur glycémie diminuer à la fois pendant le jeûne et pendant les repas. L'étude montre également une perte de poids, y compris une perte de graisse corporelle associée aux maladies cardiovasculaires et une fonction des cellules bêta du pancréas améliorée. 

Des études précédentes ont montré que les régimes à base de végétaux sont efficaces pour prévenir et même inverser le diabète de type 2 et qu'ils entraînent également une perte de poids, une amélioration du cholestérol, une baisse de la pression artérielle et une diminution des maladies cardiovasculaires. L'étude a été publiée par le Physicians Committee for Responsible Medicine de Washington dans la revue Nutrients. 

http://www.mdpi.com/2072-6643/10/2/189

lundi 11 septembre 2017

Un régime cétogène riche en gras et pauvre en glucide permettrait de vivre plus longtemps et en meilleure santé



Une étude menée sur des souris montre que le régime cétogène permettrait de vivre plus longtemps et en meilleure santé, notamment en ce qui concerne la mémoire.

Le régime cétogène ou «ketogneic diet», en anglais est en fait un régime à haute teneur en gras et très faible voire nulle idéalement en glucides.

 Dans les années 1920 ce régime a utilisé chez les enfants atteints d’épilepsie afin de réduire les crises.

Cette diète a démontré des effets anticonvulsivants chez les épileptiques1. Le régime a toutefois gagné en popularité dans les dernières années comme méthode rapide pour perdre du poids mais aussi dans l’amélioration des symptômes du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires.

Quoi de nouveau?

Selon une nouvelle étude américaine, manger plus de matières grasses et moins de glucides, telle serait la recette pour bien vieillir.
Des chercheurs du Buck Institute for Research on Aging se sont intéressés aux effets du régime cétogène, qui consiste à absorber plus de lipides (matières grasses) avec peu de protéines mais aussi à éviter le plus possible les glucides (sucres) sur des souris âgées.

Une diète qui peut être proposée dans le cadre d'un amaigrissement mais élaborée surtout à des fins thérapeutiques pour réduire les crises chez les personnes épileptiques. Ils ont constaté un effet positif sur la mémoire et sur la durée de vie des souris vieillissantes. Des avantages liés au fait que le corps, soumis à ce type d'alimentation, augmente sa production d'acide B-hydroxybutyrate, une substance qui appartient à la famille des corps cétoniques, lorsque le corps s’approvisionne dans les graisses et que celles-ci sont dégradées par le foie.

"Cela ouvre un nouveau champ dans la recherche contre la vieillesse", a commenté Eric Verdin, l'un des auteurs de l'étude. "Nous pensons que ses avantages peuvent aller au-delà de la mémoire et pourraient affecter les tissus et les organes. Nous recherchons des objectifs de médicaments, le but ultime est de trouver un moyen pour les humains d'en bénéficier sans avoir à adopter un régime restrictif."

Le cerveau est plus résistant aux effets de l'âge

Les chercheurs ont conçu trois régimes différents administrés à des souris à partir de l'âge d'un an: une alimentation à haute teneur en glucides, un régime cétogène avec zéro glucides et un régime à haute teneur en matières grasses et faible en glucides qui n'était pas de type cétogène. Les résultats ont montré que les souris alimentées par le régime cétogène avaient un risque de mortalité plus faible alors qu'elles vieillissaient, bien que leur durée de vie maximale était inchangée.

Par ailleurs, des tests de mémoire à l'âge d'un an et de deux ans ont révélé que ces souris les réussissaient aussi bien lors de ces deux périodes et mieux que les souris des autres groupes, qui présentaient un déclin attendu par l'âge. "Nous avons fait en sorte que les souris mangent un régime alimentaire normal pendant les tests de mémoire, ce qui suggère que les effets du régime cétogène étaient durables. Quelque chose a changé dans leur cerveau pour les rendre plus résilientes aux effets de l'âge", précise le Pr John Newman, principal auteur de l'étude.

Ce dernier ajoute : "En déterminer la raison est la prochaine étape de notre travail." Cette amélioration cognitive pourrait s'expliquer par le fait que le régime cétogène modifie l'expression d'un gène afin que le corps métabolise plus efficacement la graisse. A terme, cette découverte pourrait ouvrir la porte à de nouvelles thérapies pour les problèmes cognitifs liés au vieillissement.

"J'ai été impressionné par les changements observés"

"Comme nous comprenons mieux ce que l'acide beta-hydroxybutyrate fait dans notre corps et notre cerveau, nous pouvons concevoir intelligemment des thérapies pour saisir les avantages individuels tout en minimisant les méfaits", conclut le chercheur. Une autre étude est actuellement en cours au Buck Institute for Research on Aging pour explorer les effets bénéfiques d'un régime cétogène similaire dans un modèle de souris atteints de la maladie d'Alzheimer.

Mais les chercheurs appellent à la prudence pour les personnes qui souhaitent adopter ce type d'alimentation pour préserver leurs fonctions cognitives: il est indispensable de consulter un professionnel de la santé avant de l'essayer seul. Parallèlement, une autre étude menée sur le sujet et publiée dans la revue Cell Metabolism par des chercheurs de l'université de Californie à Davis a confirmé cette découverte.

Le même type d'expérience a montré que les souris du groupe "cétogène" ont montré un accroissement de leur durée de vie de 13%, soit un gain de sept à dix ans à l’échelle d’une vie humaine, et une meilleure condition physique. "Nous connaissions l'hypothèse que le changement de métabolisme induit par un régime cétogène aurait des effets bénéfiques sur le vieillissement, mais j'ai été impressionné par les changements que nous avons observés", conclut le Pr Jon Ramsey, principal auteur de l'étude.

Références :
http://www.cell.com/cell-metabolism/fulltext/S1550-4131%2817%2930489-8

Ketogenic Diet Reduces Midlife Mortality and Improves Memory in Aging Mice